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« Belgium4Assange » est  composé de quelques personnes parmi lesquelles : Lieven De Cauter, Marie-France Deprez (du comité Free Assange), Vincent Engel (écrivain, professeur à l’UCLouvain), Vasantha Fagard, Christophe Marchand (avocat), Marc Molitor (journaliste), Delphine Noels (réalisatrice), Pascale Vielle (professeure à lUCLouvain), ainsi que de l’association Carta Academica. Belgium4Assange œuvre pour la défense de la liberté dexpression et le droit à linformation.

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DOSSIER SUÉDOIS

Julian Assange serait un dangereux pervers sexuel…

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RUSSIAGATE

Julian Assange aurait collaboré avec Poutine pour favoriser l’élection de Donald Trump…

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DOMMAGES HUMAINS

À la suite des révélations de Wikileaks en 2010, des informateurs et des innocents auraient été assassinés…

Dossier suédois

 

Dans l’affaire entraînée par des relations sexuelles entre Julian Assange et deux femmes en août 2010 en Suède, l’enquête préliminaire suédoise, n’avait pas de base solide. En effet, la procureure de Stockholm conclut très vite qu’aucun crime n’a été commis, et clôt l’affaire car les faits évoqués contre Assange sont précaires : aucune des femmes concernées n’accuse ni ne veut accuser Assange - selon les SMS auxquels les enquêteurs ont eu accès ; elles demandent simplement un test de VIH auquel Julian Assange se soumettra sans rechigner. Selon l’exposé des faits agréés par toutes les parties devant la Haute Cour de justice britannique, en 2011, « la visite des femmes à la police [pour obtenir les tests de détection du VIH] a été traitée par le parquet comme un dépôt de plainte ». 

Quelques jours plus tard, l’enquête préliminaire est rouverte, sans élément nouveau, par une autre procureure. Pendant plusieurs semaines, Assange reste en Suède pour coopérer avec l’enquête. Après avoir déposé une première fois à la police, il quitte la Suède légalement, sans être recherché, sans être accusé d’une infraction, et avec l’autorisation de la procureure. Un peu plus tard cependant celle-ci lance un mandat d’arrêt européen pour faire revenir Assange en Suède et l’interroger. 

Ceci entraine l’arrestation d’Assange à Londres en décembre 2010, sur la base de ce mandat d’arrêt européen,  qui ne respecte pas les conditions qui gouvernent son émission mais auquel les juges britanniques donneront effet. Après plus de 500 jours à la disposition de la justice britannique, assigné à résidence sous bracelet électronique (ce que ne lui aurait pas valu une condamnation en Suède), la procureure refuse toujours de l’inculper et refuse même, à plusieurs occasions, d’interroger Assange, mais insiste sur un retour en Suède, conduite inhabituelle, puisque les interrogatoires à l’étranger ne sont pas rares. 

La justice britannique décide in fine de l’extrader vers la Suède. Assange se méfie des anomalies de la justice suédoise, supputant qu’elles pourraient masquer une demande ultérieure d’extradition américaine que les Etats-Unis tenaient encore secrète mais dont Wikileaks et Assange avaient déjà eu vent (saisine secrète d’un grand jury américain contre Julian Assange, pour notamment haute trahison). Il se réfugie alors à l’ambassade d’Equateur à Londres, pays qui lui octroie l’asile et même la nationalité. La Grande Bretagne refuse de les reconnaître et sa police encercle l’ambassade où Assange restera confiné sept ans. Les procureurs suédois attendront cinq ans avant de venir y interroger Assange. Des emails échangés entre procureurs suédois et britanniques, obtenus grâce au travail opiniâtre de la journaliste italienne Stefania Maurizi, montrent que les britanniques ont tout fait pour empêcher qu’Assange soit interrogé, empêchant ainsi le dossier d’évoluer et d’être clôturé et maintenant Assange dans son enfermement à l’Ambassade

Ce confinement est forcé et s’apparente à une détention arbitraire : c’est ce que jugera le groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires, qui validera les thèses et les craintes d’Assange sur les manœuvres suédoises. Les gouvernements britanniques et suédois, qui ont pourtant accepté de participer aux travaux de ce groupe, en rejetteront ensuite les conclusions ( voir ici et ).

En avril 2019, suite aux pressions intenses des USA et au basculement à droite du pouvoir en Equateur, le nouveau président Moreno retire l’asile et la nationalité à Assange et le fait livrer à la police britannique. 

L’été 2019, le rapporteur spécial de l’ONU pour la torture, Nils Melzer adresse des courriers extrêmement détaillés aux gouvernements équatorien, britannique et suédois. Il déclare que « depuis le début des procédures contre Assange, ses droits ont été systématiquement bafoués à tous les stades de la procédures »  et qu’il n’a jamais vu, «  un groupe d’États démocratiques s’assembler pour isoler, diaboliser et maltraiter délibérément un seul individu pendant une aussi longue période et avec si peu de respect pour la dignité humaine et la primauté du droit . » 

Au gouvernement suédois, il adresse un questionnaire détaillé demandant des explications sur 55 violations du droit qu’il a relevées dans la procédure contre Assange. Le gouvernement suédois répond simplement « sans commentaires » … (voir ici).

Aussi étonnant que cela puisse paraître, en neuf ans cette procédure n’a jamais dépassé le stade de l’enquête préliminaire et tout semble avoir été fait pour qu’il en soit ainsi, sans jamais la clôturer pour autant.

Le 18 novembre 2019, le parquet suédois annonce qu’il clôt définitivement l’enquête sans ouvrir de poursuites ou retenir de charges contre Assange.  Dans un communiqué qui est un modèle de duplicité, il explique juger toujours « cohérent et plausible » le récit de « l’agression sexuelle » allégée, mais estime que les témoignages s’affaiblissant avec le temps, il ne peut plus rien prouver, omettant bien sûr de rappeler que c’est lui-même et les procureurs britanniques qui ont délibérément produit cette situation.